De traitement de texte à LaTeX : premier bilan

, par Maïeul

Voici maintenant presque un mois que je me suis mis à LaTex. Voici l’heure d’un premier bilan.

Toutefois comme je ne suis pas (pour une fois !) en phase de rédaction, ce bilan reste sommaire.

Penser la structure : vraiment ?

Je lis souvent que Latex permettrait, contrairement à un traitement de texte classique, de mieux séparer la structure de la forme du texte, et donc de se consacrer sur son travail intellectuel.

Ainsi sur ce site :

LaTeX est incomparable parce qu’il permet d’écrire des texte en pensant à leur structure, un outil d’organisation des idées et de la typographie

Je suis vraiment très sceptique sur cet avantage de latex par rapport à un
traitement de texte classique.

Si on se sert bien d’un traitement de texte classique (type OOO ou MSW) on utilise les niveaux de titre, et la structure est donc indépendante de la présentation. Latex n’apporte rien à cela [1].

Donc LaTex ne change rien quant au « penser structure ».

En revanche, il est vrai qu’en dégageant du souci de la présentation [2], il allège considérablement l’esprit.

Par contre, je n’ai pas trouvé d’éditeur LaTex qui propose l’équivalent du mode « plan » sous Word. Au mieux, on a un navigateur dans le texte. Ceci dit je ne désespère pas de trouver. Et puis, peut-être que cela me contraindra à avoir des plans encore plus charpenté avant la rédaction [3].

Les formules mathématiques

Comme je ne suis pas concerné, je ne dirais rien ;). Na !

La typographie

Je constate en revanche, sur les courts essais que j’ai faits, une nette amélioration de la qualité typographique en LaTex par rapport à Word ou OOO. Notamment en ce qui concerne les espaces fin avant les signes de ponctuation doubles.

En revanche, il faut encore que je trouve comment bien gérer les guillemets dans les guillemets, afin d’avoir des guillemets [4] français pour la citation englobante et des guillemets anglais courbes pour la citation englobée.

Pour le moment je me contente de mettre des < et >> que je remplace automatiquement à la fin par des \og et \fg. Mais j’aimerais bien que mes pseudos guillemets droits " soit automatiquement remplacés par des guillemets « tordus ».

Il faudrait que je configure mon éditeur LaTex, mais j’hésite encore entre plusieurs, pour qu’il me remplace automatiquement les guillemets anglais par des guillemets français.

Par ailleurs, il est appréciable que latex considère systématiquement les espaces successifs comme des espace simples : cela me permet par exemple de commenter ligne à ligne mes traductions.

Enfin, le fait de séparer l’édition du texte de sa forme finale à un avantage : permettre d’avoir une police écran différente de la police papier, ce qui permet un gain de lisibilité [5].

L’orthographe

Ce n’est pas mon fort. Je n’ai plus le correcteur d’orthographe de Word, mais ce n’est pas très grave étant donné sa qualité. Mais avec l’argent économisé quant à la licence Word, je pourrais éventuellement m’offrir un logiciel comme le PetitProlexis, qui est réputé bien plus puissant [6].

La gestion de la bibliographie

Cela a été pour moi l’argument convaincant pour passer à LaTex. Notamment parce que je n’ai jamais compris le fonctionnement de la gestion Bibliographique de Word [7]

Il y a bien encore quelques soucis sur le format et l’ordre d’affichage, mais globalement j’arrive à trouver des solutions plus que satisfaisantes. [8]

Mais le module de « base » de LaTex ne suffit pas : le package BibLaTex me semble indispensable pour qui souhaite avoir une bibliographie « sérieuse », en sciences humaines du moins.

De plus, la fait d’avoir la bibliographie dans un fichier séparé mais dans un format standard est appréciable. Je peux ainsi facilement l’éditer, la visualiser, l’annoter etc grâce à BibDesk.

Le temps de chargement et le suivi des révisions

Puisque LaTex est un format de fichier « texte brut », je peux utiliser un système de suivi des révisions comme SVN sans alourdir mon fichier final [9]. À terme, pour la rédaction de mon mémoire, je pense que cela me sera profitable.

Enfin, il est beaucoup plus rapide de lancer un éditeur de texte que Microsoft Word.

Conclusion

Le seul point qui reste pour moi gênant, c’est la question du mode plan. Je ne considère pas que LaTex m’aide à mieux structurer ma pensée, contrairement à ce que je lis parfois. En revanche, il est vraiment très appréciable sur le plan du résultat typographique et de la gestion de la bibliographie.

Je suis donc convaincu par Latex pour les documents longs de type texte [10].

En plus, cela me permettra sans doute d’utiliser plus que des logiciels libres [11].

P.-S.

Je n’utilise pas LaTex mais XeLaTex qui gère nativement les caractères unicodes, ce qui est appréciable lorsqu’on a du texte en grec à taper.

Notes

[1Je serais mesquin et mauvaise langue, je dirais que ce type de remarque sont des gens des sciences dites «  dures  » (Certains amis de ces sciences aiment dire que les sciences humaines sont «  molles  ». Si c’est le cas, les sciences dures sont «  inhumaines  »). Des personnes qui n’écrivent rien de consistants avant la thèse. En sciences humaines, on ne peut pas écrire en ne pensant pas «  structure d’abord  », et je pense d’ailleurs que c’est le cas dans les autres sciences. C’est le B.A-ba de la formation de niveau licence.

[2Par exemple des bugs de Word sur la numérotation automatique des titres de second niveau.

[3Mais je ne pense pas qu’on puisse avoir un plan construit de A à Z dès le départ, et c’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire d’avoir un mode plan.

[4Quand on cite un texte qui cite un texte.

[5Mais il reste à régler la police de mon éditeur de texte. Pour document compilé, j’utilise la police Linux Libertine, pour l’écran, j’hésite encore, mais je vais faire des tests, notamment avec les polices de la famille Lucida

[6On m’a dit qu’une grande édition de livre se servait quasiment exclusivement de ce logiciel, dans sa version professionnelle.

[7Une amie m’a dit qu’elle avait reçue une formation sur celle de OOO, mais qu’elle n’avait jamais réussi à s’en servir.

[9Il existe dans Word un système de suivi des révisions, mais il conserve l’historique dans le fichier Word, ce qui rend très vite celui-çi lourd.

[10Je continuer à garder Word pour éditer mes factures, mais c’est surtout par flemme d’apprendre un modèle de facture LaTex, qui doit sûrement exister.

[11Hormis mon système d’exploitation, où je reste inconditionnel de MacOs. J’ai essayé OOO comme éditeur de Texte, mais il était vraiment trop lent et lourd.